Mon bébé prend son envol

Il y a une semaine, mon grand adolescent de bientôt 17 ans nous annonçait une grande nouvelle: il allait quitter le nid familial pour commencer sa vie d’adulte. Il choisissait d’aller vivre en appartement avec sa bien-aimée et deux de leurs amis. Selon toute vraisemblance, sa décision était bien réfléchie et, puisqu’il a un bon travail, cette nouvelle vie lui souriait et il avait envie de la vivre à fond.

Bien entendu, j’ai accepté son choix et l’ai appuyé dans sa démarche. S’il est heureux, je le serai automatiquement. Seulement, sommes-nous vraiment assurés, en tant que parents, d’avoir tout fait, d’avoir tout donné pour que notre enfant ait reçu le maximum de tout avant d’entreprendre un tel grand pas dans sa vie? Est-ce que la décision prise ici est assumée avec la plus grande joie du monde, de gaieté de coeur et en toute connaissance de cause? Si à toutes ces questions, la réponse est oui, alors bravo, tout est parfait! Mais sait-on vraiment tout de nos enfants? Connaît-on tous leurs espoirs, leurs rêves, leurs aspirations, leurs regrets, leurs déceptions, leurs tristesses?

Bien sûr, à l’aube de mon 38e anniversaire, j’aborde cette étape avec un mélange de joie et d’inquiétude, sachant en même temps que mon fiston est un grand débrouillard et qu’il a fait ses choix en fonction de ce qu’il avait envie de vivre. Lui qui adore être libre en tout temps et en tout lieu et construire lui-même ses propres balises, il est sans doute heureux de pouvoir lui-même les établir, tout en sachant ce qui est bon pour lui et en apprenant àa découvrir ce qui l’est moins.

Et puis, toutes ces interrogations qui tourbillonnent dans ma tête… «Ai-je bien fait de le laisser aller?» «Aurais-je dû le retenir?» Sincèrement, je ne le crois pas. Olivier n’est pas le genre qu’on peut retenir indéfiniment. L’autre jour, lorsque je lui disais que je voulais qu’il soit heureux tout en prenant son envol, il se comparait à un «bébé oiseau». Eh bien, il est un bébé oiseau pressé de déployer ses ailes et en ayant accepté son choix, je lui en offre la possibilité. Je présume que toutes ces questions s’effaceront d’elles-mêmes à mesure que je verrai mon bébé oiseau s’épanouir en même temps qu’il explore le ciel qui s’ouvre à lui.

En plus, le fait de nous retrouver, mon amoureux et moi, seuls à la maison m’amène à penser que maintenant, il me faut envisager de m’occuper de la femme en moi, puisque la maman devra ajuster son rôle. L’amoureuses, l’artiste, la musicienne, l’écrivaine, l’amie, et combien d’autres facettes de moi devront se déployer à présent de façon plus marquée. Je devrai apprendre à me donner davantage d’espace et tout cela aussi, pour moi, est un apprentissage.

Si je regarde tout cela de plus près, fiston et maman doivent à présent apprendre à se déployer différemment, l’un à côté de l’autre, mais pas dans la même maison.

Tout cela constitue, je dirais, la thématique de mes vacances qui se sont amorcées ce vendredi 31 août dernier.

Par bonheur, j’ai un amoureux merveilleux, qui traverse tout cela avec nous, avec moi, de façon exceptionnelle. Il m’aide à répondre à ces milles questions qui jaillissent de toutes parts, mais aussi à permettre à toutes les parties de moi qui ont l’habitude de demeurer un peu plus à l’ombre de s’épanouir à la lumière.

Au fil de chacune des expériences qu’elle nous amène à apprivoiser, la vie est, de toute façon, merveilleuse…

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