Des petits bouts de moi #6: Passions enfantines

Avant d’aborder la période de l’adolescence et de l’école secondaire, permettez-moi une petite halte dans l’univers ludique de mon enfance. Bien sûr, nous avons abordé mon cheminement scolaire qui affichait un profil exemplaire. On a aussi exposé les aspects un peu moins joyeux entourant ce cheminement. Mais, à travers ces merveilleuses années parsemées d’apprentissages quotidiens, tous plus intéressants les uns que les autres, quelles passions pouvaient bien animer ce petit bout de fille qui bondissait partout, toujours en quête d’une nouveauté à apprendre ou d’une joie à exprimer?

Vous constaterez aisément, pour ceux qui me connaissent bien, sinon assez rapidement, pour ceux qui apprennent à me connaître à travers ces petits bouts de moi, que mes passions de petite fille construisaient déjà d’importants repères de ma vie actuelle.

D’abord et avant tout, si je voulais résumer tout cela, je pourrais y parvenir à l’aide de trois verbes simples: apprendre, bouger et m’exprimer (exprimer ici dans le sens de tous les moyens d’expression, qu’il s’agisse de chanter, de jouer de la musique ou simplement de communiquer à l’aide de la parole).

Le premier contact que j’ai eu avec l’univers des passions survint dès ma toute jeune enfance, alors que j’écoutais mon papa composer des mélodies à l’aide de sa magnifique guitare 12 cordes et ensuite leur donner vie en y ajoutant des mots. Je voyais donc, très régulièrement, naître des chansons. Il me suffisait tout simplement de tendre l’oreille et de cueillir la magie qui accompagnait ces moments de création inspirée de mon père. Je pouvais aussi assister à la naissance de nombreux disques, puisque je découvrais avec émerveillement que mon papa et ma marraine étaient des artistes! Et ma cousine en plus! Wow! Alors, puisque j’étais et suis toujours extrêmement réceptive à tout ce que j’entends, je me laissai vite envelopper par la musique et par les moments magique q’elle engendrait invariablement. Je faisais donc connaissance avec l’une des grandes passions qui allait diriger ma vie tout entière: la musique. J’étais d’ailleurs excellente dans cette matière à l’école et je bénéficiais, sans le savoir, d’un avantage certain: un atout majeur, une caractéristique plutôt rare que l’on appelle l’oreille absolue ou diapason parfait. Mais pour moi, c’était normal. Tout le monde savait chanter n’importe quelle note de la gamme et la reconnaître justte à l’entendre, voyons! C’était ainsi fait! Un Do, c’est un Do, tout le monde sait ça! Eh bien non, mes auditions au Cégep de Saint-Laurent en musique, plusieurs années plus tard, allaient me prouver que ce phénomène ne court pas les rues! Toujours est-il que la petite fille que j’étais jouait de la flûte à bec avec une facilité déconcertante et reproduisait presque instantanément toute mélodie qu’elle jugeait intéressante à interpréter, sans avoir eu besoin de se la faire enseigner au préalable. Petite anecdote savoureuse: nous avions, dans notre cours de musique, appris toutes les notes à la flûte à bec soprano, mais l’une d’entre elles, le Fa, sonnait faux, à mon oreille. Sur toutes les flûtes, pas seulement sur la mienne! Ce Fa détonnait carrément comparativement à ce qu’il aurait dû être. N’en pouvant plus, je me mis à chercher un doigté qui me permettrait d’obtenir un Fa parfait et, oui, je le trouvai! Fière de mon expérience de grande autodidacte, j’allai voir notre professeur de musique et lui fis part, premièrement, du faux Fa et, finalement, de ma grande dévcouverte. Mon prof, après avoir essayé le nouveau Fa tel que je lui proposais de le faire, s’est excalamé: « Mais oui! C’est en plein ça! Je savais qu’il sonnait faux, mais c’est toujours de cette façon qu’il est enseigné, alors je vous l’ai montré comme ça, mais de ta façon, il est parfait! » Et c’est ainsi qu’il enseigna à tous ses élèves, par la suite, à jouer le Fa sur la flûte comme je lui avais moi-même montré, à l’âge de 6 ou 7 ans.

La musique m’a donc toujours suivie et me suivra toujours, c’est bien connu. Mais ce qui me fait vibrer par-dessus tout, musicalement, mon paroxysme musical, c’est lorsque mon père prend sa guitare et chante, en s’accompagnant lui-même, tout simplement, en se laissant guider par son inspiration. Pour moi, il n’y a pas de moment plus magique. Lorsque j’étais petite, je n’avais qu’à entendre le cliquetis des fermoirs de son étui de guitare pour me mettre à accourir, abandonnant tout ce que je faisais et tous ceux avec qui je me trouvais!

À présent, je suis diplômée en musique du Cégep de Saint-Laurent, j’ai étudié le piano pendant un an, la basse électrique pendant un an, le violon pendant un an et maintenant, je suis des cours de flûte traversière, sans oublier que je joue de la guitare pour le plaisir de m’accompagner. Et ma vie est baignée de musique Country d’ici et d’ailleurs, en autant qu’elle soit bien faite.

Toujours dans la veine des moyens d’expression, j’étais une mordue de la radio. Vous me direz sûrement que plus ça change, plus c’est pareil, puisque je suis toujours passionnée pour la radio. Mais tout cela remonte à très très loin…

À un très jeune âge, je portais déjà une attention toute particulière à la voix des animateurs radiophoniques, à leur intonation, aux publicités et la façon dont elles étaient faites, etc. Cela me donnait envie de parler à ces maîtres du micro qui semblaient si dynamiques et sympathiques. Je me mis donc à mémoriser par coeur les numéros de téléphone de toutes les stations radiophoniques que je connaissais. Eh oui! Pourquoi? Pour y faire des demandes spéciales! J’étais emballée par l’interaction qui pouvait exister entre ces animateurs qui ne me connaissaient pas et le fait que je finissais par entendre la chanson que j’avais moi-même demandée. Je me rendis compte que certains animateurs n’avaient pas nécessairement la sympathie naturelle qu’ils reflétaient… (rire) Mais, règle générale, je dirais qu’ils me recevaient tous avec gentillesse, même si j’étais une toute petite fille qui appelait pour demander des chansons. Une autre anecdote: un jour, une amie de ma mère me dit qu’elle était amie avec une animatrice de la station CKOI 96,9 FM, qui se disait à l’époque CKOI 97 FM. Elle disait avoir un numéro de téléphone où ce n’était jamais occupé et où je pourrais rejoindre l’animateur en ondes très rapidement. Je lui demandai ce numéro et m’empressai de le composer, fière d’avoir un raccourci que presque personne ne connaissait. Mais je tiens à mentionner ici que ce n’est pas à essayer, car l’animateur en ondes à ce moment n’a pas trouvé mon appel très rigolo et m’a fermement avertie de ne plus jamais utiliser ce numéro pour faire des demandes spéciales. J’ai donc appris qu’il était parfois préférable de prendre le chemin le plus long, que l’important était d’être à la place qui nous revient, même si cela demandait un peu d’attente… Que l’intimité, les gens connus y tiennent, tout de même…

J’étais également très attirée par tout ce qui concernait la téléphonie. Je mémorisais tous les numéros de téléphone de mon entourage, je connaissais même des trucs pour faire sonner le téléphone de l’endroit où je me trouvais à l’aide de certains numéros. Je savais aussi comment obtenir une tonalité en appelant à des numéros se terminant par 1111. Et, d’ailleurs, encore ici, le bon vieux dicton « Plus ça change, plus c’est pareil » s’applique, car j’adore encore la téléphonie sous toutes ses formes. Je connais les petits trucs pour laisser des messages sur des répondeurs sans appeler directement, je connais la téléphonie mobile sur le bout de mes doigts et vive mon iPhone! (rire)

Pour conclure avec les communications, j’avais également une passion pour la télé. Imaginez un instant le petit bout de fille, dans sa chambre ou en train de déambuler dans la maison et dans la cour, un miroir à la main, en train de se faire un scénario de téléroman! Eh bien oui, c’était moi! Je me voyais très bien dans le miroir, alors avec mon petit miroir en main, j’imaginais que c’était la caméra et/ou l’écran de télé, puisque je me voyais dedans. Alors, je me faisais des scènes de téléroman où je jouais une foule de personnages en même temps et je me promenais dans les environs, puisque cela me permettait de voir le décor bouger, comme lorsque l’on voit une personne se déplacer à la télé (rire). Ou, à d’autres moments, je m’inventais des émissions de variété, dans lesquelles j’incarnais à la fois l’animatrice et l’artiste interviewé. Pour ce faire, j’avais un vrai micro, mais que je tenais débranché pour pouvoir me promener sans problème dans mon studio imaginaire et, dans l’autre main, mon fameux miroir-télé. Eh bien, là non plus, rien n’a vraiment changé, sauf que les micros dans lesquels je parle aujourd’hui sont branchés et ce n’est pas dans un miroir que j’ai le bonheur de me regarder.

Pour arriver au verbe « bouger » énoncé plus haut, mentionnons que j’avais également un très fort attachement envers tout ce qui me permettait d’être en mouvement: chaises berçantes, balançoires, tricycles, bicyclettes, voitures, camions, manèges, peu importe! Lorsque j’étais bébé, ma mère disait que je passais des heures interminables à me balancer à l’aide de ma petite balançoire de bébé, que ma mère devait « crinquer », comme on le disait communément. Je ne voulais plus en descendre! Plus tard, étant petite fille, nous avions, dans notre cour, plein de balançoires en tous genres et j’y passais toutes mes journées. Il y avait aussi mon super tricycle avec lequel je me promenais, à l’extérieur aussi bien qu’à l’intérieur! Imaginez ça! C’était très drôle! Pour moi, c’était comme si je conduisais ma voiture! Et, parlant de voiture, c’était mon gros amusement de faire semblant de conduire. Mon papa m’assoyait sur ses genoux et me faisait tourner le volant; ça, c’était mon paradis! Et savez-vous ce qu’il y a de plus beau, de plus formidable et de plus extraordinaire? C’est que mon plus grand rêve, une fois revenue de mon voyage en Chine, serait d’avoir retrouvé suffisamment de vision pour pouvoir conduire un jour ma propre voiture! Je me vois déjà, sur la route qui mène en Gaspésie, au volant de mon super bolide, aller présenter la nouvelle Moi à ma famille là-bas! Avec du bon Country pour accompagner le tout, il n’y a rien de mieux, je vous le dis!

Voilà, vous venez de découvrir le tourbillon de passions que je suis. J’espère que cet autre petit bout de moi vous a plu. J’ai déjà une foule de merveilleuses idées pour les prochains articles. je n’ai pas fini de vous surprendre!

Merci de votre fidélité et de vos commentaires. ils me vont tous droit au coeur.

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