Des petits bouts de moi #22: Au détour de la route…

À présent que le gigantesque pas de redonner toute la place à mon amour pour Miguel était fait, il me fallait m’investir à fond dans cette direction que j’avais décidé de prendre, ce qui constituait à la fois un parcours exaltant et inquiétant pour moi. La chimie passait à plein régime, il n’y avait aucun doute sur ce point. Mais Miguel aurait-il le tour de prendre soin de moi comme j’aimais tant que mon bien-aimé puisse le faire? Saurait-il me rassurer au besoin? Pourrai-je compter sur lui pour m’épauler dans les moments où je me sentirais plus fragile? À toutes ces questions, il n’y avait qu’une seule réponse: il me fallait sauter à pieds joints, me jeter à corps perdu dans cette nouvelle vie que je venais de choisir, envers et contre tous. J’allais moi-même trouver toutes les réponses au fil des mois qui allaient suivre…

Au début, je filais le parfait bonheur. Miguel se montrait attentif et avait pour moi une épaule toujours prête à recevoir tous mes états d’âme, qui étaient assez variables au début, puisque la rupture avec Éric avait tout de même représenté un important déchirement.

Un mois et demi après notre recommencement, toutefois, Miguel s’est laissé séduire par une ancienne camarade de classe qui l’avait recontacté afin de solliciter ses précieux conseils en informatique. Puisque ses problèmes d’ordinateur demandaient d’importants travaux de réinstallation et de formatage, il est allé aider cette copine plusieurs jours d’affilée et je sentais bien, à son attitude troublée lorsqu’il revenait, que quelque chose se passait dont il n’était certainement pas fier et qu’il aurait sûrement préféré que je ne découvre jamais… Surtout qu’il avait promis que si je lui revenais, jamais plus il ne me laisserait partir…

Bien sûr, ayant un ressenti très aiguisé, j’ai découvert que Miguel succombait aux charmes de son hôtesse tout en lui apportant les solutions à ses ennuis informatiques. Je suis parvenue à lui tirer les vers du nez et, une fois que la vérité fut étalée au grand jour, il devint évident pour moi que je n’avais plus envie de rien espérer de cette relation. Si c’était ainsi qu’on faisait tout pour garder un être aimé, ça ne valait pas la peine…

J’ai rompu avec Miguel à partir de ce moment et s’en est suivi une période où je choisissais délibérément de conserver le célibat, sans pour autant être triste et désemparée. Au contraire, j’avais toujours plein de bons amis autour de moi, ma famille qui était bien présente et puis, pour pimenter le tout, je m’amusais à fréquenter assidument les réseaux de rencontres téléphoniques, mais simplement pour discuter amicalement avec de nouvelles personnes, sans plus. Mon désir de mieux connaître le genre humain était tel que je voulais apprendre à connaître toutes sortes de gens, avec toutes sortes de personnalités, d’idées, d’opinions, même très différentes des miennes, ne serait-ce que pour apprendre comment chacun pouvait, à sa façon, se fabriquer un bonheur en fonction de ses propres convictions et s’y sentir heureux. Pour moi, cette période, qui dura plusieurs mois, fut une véritable étude psychologique et sociale! Tout cela sans jamais émettre le désir de refaire ma vie; je n’en étais pas encore là.

Pendant que tout ce branle-bas se produisait en moi, j’avais un passe-temps extraordinaire qui aura donné naissance à ma carrière radiophonique bien des années plus tard…. Durant mes courtes retrouvailles avec Miguel, il m’a fait découvrir un truc tout à fait fantastique: les babillards électroniques!

Les babillards électroniques, appelés aussi BBS (pour Bulletin Board System), étaient des serveurs informatiques sur lesquels on appelait à l’aide d’un modem branché sur notre ligne téléphonique et qui permettait de télécharger des applications, de jouer à des jeux en ligne et d’échanger des messages avec les autres usagers abonnés du même babillard. Bref, on assistait à l’ancêtre d’Internet; c’était comme l’Internet local, disons. On pouvait donc, à l’aide d’un bon vieux PC fonctionnant sous MS-DOS et d’un magnifique petit logiciel pouvant faire fonctionner le modem, appeler ces serveurs sur lesquels on s’inscrivait et hop! Ça y était! Et on y allait pour des heures de plaisir!

Moi, ce qui m’intéressait sur les BBS, c’était la messagerie. Je ne téléchargeais presque aucune application et ne jouais à aucun jeu. Tout ce que je faisais était de lire les messages que les usagers échangeaient entre eux et y répondre, si j’avais quelque chose de pertinent à y ajouter. Je ne connaissais absolument personne sur ces babillards, mais j’étais surprise de constater que les gens répondaient à mes messages avec beaucoup d’intérêt.

C’est ainsi que, de fil en aiguille, d’un babillard à l’autre, je me fis très vite une place importante, tant et si bien que je me rendais compte que non seulement j’étais capable de bien répondre aux autres, mais j’étais également excellente pour démarrer de nouveaux sujets de conversation et je parvenais à rendre la messagerie très active, même sur des babillards où les échanges de messages étaient plutôt rares.

Je découvrais une facette de ma personnalité que j’ignorais jusqu’alors. Je savais que, sur scène, lorsque je chantais, j’avais le tour de m’adresser à mon public, mais il y avait tout de même une marge entre présenter des chansons et initier des conversations avec de parfaits inconnus en partant de rien d’autre que mon imagination. Je constatais avec étonnement que j’étais une communicatrice extraordinaire, interagissant avec les autres autant avec de nouveaux sujets qu’en m’intéressant à chacun d’entre eux individuellement. Les babillards que je fréquentais devenaient tous très achalandés au niveau de la messagerie, si bien que certains de leurs opérateurs m’ont demandé si j’acceptais de devenir modératrice sur leurs systèmes, ce qui voulait dire que je devenais officiellement animatrice de leur coin messagerie.

J’ai, bien entendu, accepté d’être modératrice sur deux babillards, entre autres, tout en demeurant très active sur tous les autres que je fréquentais. Cela m’exaltait complètement, m’euphorisais même, car je faisais connaissance avec une partie de moi qui m’était véritablement inconnue et je découvrais que, puisque personne ne se rencontrait véritablement en personne, eh bien, aucun jugement ne planait sur ces groupes de messagerie, puisque l’intérêt qu’on portait les uns aux autres partait essentiellement de ce que nous avions à dire et non sur quelque considération physique ou superficielle que ce soit.

À partir de cette importante constatation qui allait changer ma vie, je me suis dit deux choses: premièrement, j’avais véritablement un sens inné de la communication. Je savais intéresser les gens. Il y avait donc en moi des qualités que je pouvais mettre à profit, autant pour le bon plaisir des autres que pour mon propre bonheur. Deuxièmement, si je savais susciter l’intérêt des autres à mon égard par ces mêmes qualités, je pouvais mettre l’emphase sur celles-ci et en faire de précieux atouts dans mon jeu afin d’aller davantage sans gêne vers les autres et de me donner une plus grande confiance en moi. Alors, même si j’étais extrêmement complexée à l’égard de mon corps, je pouvais choisir d’utiliser mon précieux as de coeur: mon charisme communicatif, pour faire ma place dans le coeur des gens. Ainsi, peu importe ce que je pensais de mon physique, je savais que mon psychologique était assez fort pour amener les autres à être sensibles et intéressés à moi.

C’est donc en partant de ces merveilleuses et étonnantes considérations que j’ai amélioré de beaucoup ma confiance en moi et que je me suis mise à aller vers les autres. Cette nouvelle confiance sera un cadeau précieux qui me conduira, quelques années plus tard, à me retrouver au micro pour des années de bonheur. Mais j’aborderai cette belle période de ma vie un peu plus loin dans d’autres Petits bouts de moi. Pour l’instant, entre septembre 1994 et août 1995, je communique, je fais du social à profusion et je m’amuse!

Notre cher Miguel, pendant ce temps, après avoir commis son dernier impair avec moi en septembre 1994, regrette, bien évidemment, son geste. Il le regrette d’autant plus amèrement que de mon côté, je veux bien le conserver parmi mes amis, j’accepte même de le fréquenter à l’occasion car le courant continue à circuler entre nous, mais je refuse toute forme de reprise officielle de notre relation. Ce qui le rend infiniment triste, car il ne s’était agi là que d’une faiblesse de la chair et non de sentiments amoureux avec cette copine avec qui il avait eu une aventure. Mais le lien de confiance était rompu avec moi… Alors, tout ce qui lui restait comme possibilité était de prendre de moi ce que j’acceptais bien de lui donner, ce qu’il faisait de bonne grâce, tout en espérant que j’allais réviser mes positions un jour, ce qui ne s’est, en fait, jamais produit, même à ce jour.

De cette fréquentation sporadique avec Miguel durant ces mois de célibat m’est arrivé, toutefois, une bienheureuse surprise, qui allait aussi changer ma vie à jamais. J’allais apprendre, en février 1995, que j’étais une future maman. Eh oui! Je portais en moi mon bel Olivier, qui naîtra le 23 novembre de cette même année. Dans mon prochain Petit bout de moi, j’aborderai cet aspect de ma vie qui aura été si décisif pour moi et que j’ai abordé avec beaucoup de courage et de détermination.

Je vous remercie pour votre belle présence sur mon blogue et vous reviens très bientôt avec une autre page de mon histoire de vie.

Au plaisir de lire vos commentaires!

Commentaires sur ce billet

  1. dagenais says:

    wow cest vraiment beaux ce que tu a écrie katia je te félicite continue comme sa tu cest je taprécie beaucoup et tu est une de mes fan alord ne lache surtout pas et anbandone surtout pas je suit vraiment fier de toi et de ta famille merci pour tous bonne soiré bisou ton amie nathaly

  2. yvette says:

    bravo pour tout ce beau courage un homme qui triche pour la premiere fois peux avoir une chance mais pas une 2 ime sa c est mon avis des erreure on en fait tous c est quoi le nom de ton bébé et il est rendu a quelle age je suis en train lire le livre de famille mais toi va tu en faire un tout seul un moment donner xxx

  3. Chantal says:

    salut katia, je suis contente d’avoir pu lire la suite.Tu as une belle plume.J’ai hâte de lire la suite. xxxx

  4. Francine Duguay says:

    Quel beau récit de ta vie Katia! Ce n’est pas par voyeurisme, mais j’aime te lire, apprendre ton histoire qui n’est pas banale. Je le répète, tu es d’une résilience étonnante. Ton histoire est porteuse d’espoir ma belle. À suivre….

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