Des petits bouts de moi #2: L’enfance

Je crois sincèrement avoir été une enfant chérie par ma famille. J’ai eu droit à une enfance où la joie et l’épreuve m’attendaient déjà, tour à tour, afin de vite vite commencer à remplir mon bagage d’expériences de vie.

Née dans une famille de musiciens et de chanteurs, l’ambiance à la maison était toujours à la fête. Pour constituer mon cadre familial, un père complice et rieur, qui faisait absolument toutes mes 4 volontés (d’ailleurs, elles étaient toujours raisonnables alors ce n’était pas trop exigent) et une maman très fière, aussi autoritaire que réconfortante, avec une confiance inébranlable en mes capacités, de sorte que jamais je n’aurais pu avoir envie d’insinuer que je n’étais pas capable de faire telle ou telle chose. Elle a su me guider sur une route droite avec beaucoup d’amour et de volonté de toujours m’aider à me dépasser. Pour compléter le tableau familial, il y avait aussi mon frère, de 3 ans mon aîné, qui menait sa petite vie à mes côtés sans faire beaucoup de bruit. Nous étions comme tout frère et soeur et nous vivions, chacun à notre manière, notre vie, à l’intérieur comme à l’extérieur du cadre familial.

Chez nous, on s’amusait tout le temps, mais un jour, il a fallu commencer l’école, comme toute bonne petite fille. Mes parents avaient fait les démarches afin de m’inscrire dans une école spécialisée pour les personnes ayant une déficience visuelle, afin que je reçoive les meilleurs services et la meilleure éducation possible.

C’est donc en 1980 que je suis entrée à l’école Nazareth et Louis-Braille qui abritait aussi l’Institut du même nom. C’est à ce moment précis que j’ai dû apprendre à sortir de mon petit cocon familial et couper le cordon, comme on dit. Puisqu’à partir de cette période, j’ai dû dormir à l’école, du dimanche au jeudi soir inclusivement. Je devais donc apprendre aussi à vivre en groupe, puisque je n’étais pas la seule à y être pensionnaire, évidemment. Tous les élèeves habitant trop loin de Longueuil pour faire le voyage matin et soir dormaient, comme moi, à l’école. Comme nous habitions à Mascouche à cette époque, il fallait passer par cette étape incontournable. Nous étions divisés par groupe d’âge dans des modules différents. J’étais donc avec des enfants à peu près de mon âge qui, pour la plupart, s’accomodaient très bien de ce mode de vie. Mais pour moi, l’adaptation fut longue et déchirante. Les nuits presque blanches à pleurer ma mère étaient nombreuses durant la première année. Les 2 à 3 premières nuits de chaque semaine se déroulaient ainsi pour cette toute première année de pensionnat. J’implorais les surveillantes de nuit d’appeler ma mère pour qu’elle vienne me chercher. Pour me calmer, elles me disaient qu’elles iraient l’appeler et je finissais, à bout de fatigue, par m’endormir.

Mais malgré ces grosses larmes d’ennui de chez moi, je puis vous assurer que j’ai aussi BEAUCOUP appris. J’y ai reçu une impressionnante quantité d’informations qui allaient me servir toute ma vie durant. C’est là que j’ai appris à communiquer avec d’autres personnes que mon entourage immédiat et à m’extérioriser et à apprendre. Comme j’aimais apprendre (et j’adore toujours apprendre). C’est durant ces années que je faisais mes plus belles prouesses académiques. Si mes nuits étaient tristes, je vous assure que mes journées, elles, étaient meublées de réussites scolaires en tous genres. Je cumulais les A sur mes bulletins, à la grande fierté de ma famille et de moi-même, bien entendu. J’étais heureuse d’apprendre vite et bien. J’avais l’impression qu’avec cette faculté, je pourrais aller où je voulais dans la vie. Et je crois, en effet, que cela m’aura beaucoup aidée. 🙂

Le vendredi, après les cours, j’étais la petite fille la plus heureuse de la Terre! Je rentrais chez moi, où mes parents m’attendaient, survoltés, heureux de me retrouver et de savoir tout ce que j’avais appris durant la semaine. Quel bonheur de les retrouver!

C’est ainsi que mon enfance a débuté… Mais gardons-en pour un prochain article.

J’espère que ce petit périple au coeur de moi-même vous plaît. À très bientôt pour un autre petit bout de moi!

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