Des petits bouts de moi #10: Atterrissage amoureux… sur un pupitre de classe!

Même si au début de cette année scolaire 1985-1986, je trouvais mes copines de classe un peu mélodramatiques avec leur déjà trop grosse peines d’amour, j’ai fini par comprendre, au cours de la même année, combien importante pouvait devenir la place que l’amour peut prendre dans la vie d’une femme en devenir…

J’étais une adolescente bien implantée dans mon milieu et bien appréciée de mes compatriotes. Mes amis étaient nombreux, tous sexes confondus, mais personne n’avait suscité chez moi plus que de l’amitié, jusqu’au jour où…

Mettons-nous d’abord dans le contexte de notre école. Nous étions très peu nombreux comparativement à une école régulière. Donc, peu de filles pour peu de garçons. Donc, à mon début de secondaire, disons que j’aurais pu avoir 5 candidats potentiels à une fréquentation amoureuse. Ces 5 mêmes aspirants étaient les mêmes pour toutes les filles du secondaire, car ils étaient les seuls. Donc, si je passe en revue nos 5 jeunes séducteurs: il y avait bien Jean-Yves, mais en secondaire 5, donc un peu trop vieux pour moi, que je me disais. Il y avait aussi le chaleureux Louis-Rock, passionné de musique depuis sa tendre enfance, très doux et à la voix chaude et rassurante… Mais, lui aussi, en secondaire 5, donc, encore une fois, trop vieux. Puis, il y avait Pascal, qui semblait avoir un peu trop confiance en ses pouvoirs de séduction; cela me repoussait. Puis Denis… Le spirituel. Celui qui s’exprimait si bien, avec une grande éloquence… Mais… en secondaire 2… et puis, inaccessible, selon mes impressions. Mais je n’y étais pas tout à fait indifférente. Mais j’avais fini par savoir qu’il me trouvait un peu trop jeune. Puis, finalement, il y avait Martin. Le beau grand Martin, qui faisait rire toutes les filles par ses blagues subtiles et amusantes. Il savait qu’il nous tenait, j’en suis certaine, par ses manières de nous séduire, mais il avait, en même temps que ses allures de flirt incontesté, une grande sensibilité et il était très attentif, question que tous ceux qui l’entourent se sentent bien avec lui. Mais… selon moi, j’étais loin, bien loin d’être son style. Ça, c’était assuré. C’était officiel.

Il faut dire que j’étais vraiment silencieuse, à part de rigoler avec mes copines, je ne me mêlais pas à ces messieurs séducteurs ci-haut mentionnés. Selon ma perception de moi-même, j’étais une amie parfaite, mais absolument pas la fille à faire tourner les têtes ou battre les coeurs. Mais la vie allait me démontrer que je me trompais…

Un beau jour, en arrivant dans mon cours de mathématiques, je m’installai à mon pupitre, tranquillement, attendant l’arrivée du prof. Martin, le tombeur de ces dames, était déjà en train de taper sur sa machine à écrire braille alors que le cours n’était pas commencé. Je me demandais bien pourquoi il écrivait alors qu’on n’avait encore rien à faire… J’attendis que le prof arrive, sans trop me poser de questions, quand tout à coup, une feuille braille atterrit sur mon bureau. Il faut dire que Martin avait une meilleure vision que moi, alors il était aisément capable de lancer une feuille où il voulait. (rire) Je m’emparai donc de ce bout de papier, plein d’interrogations dans ma tête. Je me dis: «Peut-être une bonne blague…» Je me mis à lire… Ça ressemblait à quelque chose comme: «Chère Katia… Je n’ai jamais osé te le dire avant, mais ça fait longtemps que je t’observe et que j’ai le kick sur toi. Accepterais-tu de sortir avec moi? La seule chose que j’aimerais qu’on fasse attention, si tu acceptes, c’est qu’il ne faudrait pas le dire à personne qu’on est ensemble. Réponds-moi si tu veux.»

Wow!!! Moi? Moi, j’ai réussi à capter l’attention du beau Martin? Incroyable, que je me suis dit. Je m’empressai donc d’insérer une feuille dans ma machine à écrire, moi aussi, avant que le prof n’arrive et je lui ai répondu que j’acceptais avec joie, en plus de toutes ses conditions. Je ne le dirais à personne, promis! Et puis, j’étais très touchée, surprise aussi de ce qu’il venait de m’écrire et j’étais la plus heureuse du monde. Je lançai donc mon bout de papier à mon tour, de la même façon que Martin l’avait fait. Et c’est ainsi que commença ma toute première relation amoureuse…

Ce fut impossible de garder le secret, puisque dans une petite école où tout le monde se connaît, tout se découvre relativement vite… Martin, voyant que le secret n’avait pu être gardé, m’écrivit ànouveau afin de rompre notre union. J’ai eu beaucoup de chagrin, mais je n’étais pas au bout de mes surprises…

Quelques jours après ma rupture avec Martin, alors que j’étais à mon cours d’anglais, j’ouvris un tiroir pour y prendre du papier vierge et je trouvai une feuille braille pliée en deux sur laquelle il y avait de l’écriture… Étant de nature extrêmement curieuse et comme cette feuille se trouvait dans mon pupitre, je me permis de la lire… Voici, en résumé, ce que cette petite feuille disait:

«Chère Katia. Ça fait longtemps que je veux t’en parler, mais je suis très gêné de te le dire… On est amis depuis très longtemps. Depuis toutes ces années, j’ai eu la chance de très bien te connaître. Et depuis longtemps, je ressens plus que de l’amitié pour toi. Accepterais-tu de sortir avec moi? Je t’aime… Steve».

Ouf! Que de déclarations en très peu de temps! Que de surprises, car, je le répète, selon ma propre opinion de moi-même, je n’avais rien qui puisse faire flancher un garçon, au niveau sentimental. Je devais donc me rendre à l’évidence suite à ces deux situations: même si je ne savais pas exactement ce que les garçons remarquaient chez moi, il y avait visiblement quelque chose qui retenait leur attention. Donc, malgré ce que je croyais, je plaisais.

J’ai accepté de faire un petit bout de chemin avec Steve, mais ce fut de courte durée car il me voulait exclusive, sans aucune amitié avec aucun autre garçon et disons que c’était difficile pour moi d’accéder à sa demande, puisque j’ai toujours (et même encore aujourd’hui) eu des amis des deux sexes.

Bref, c’est ainsi que ma vie de femme amoureuse a débuté. Bien sûr, le but de mes petites tranches de vie n’est pas de relater ces épisodes de façon détaillée, mais d’aborder les moments les plus marquants à différentes époques de ma vie.

Je terminerai ainsi ce dixième petit bout de moi, en vous promettant beaucoup d’autres petits bouts, tous aussi intéressants les uns que les autres.

Comme toujours, j’ai très hâte de lire vos commentaires!

À très bientôt pour un autre petit bout!

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